Juriste - RetardVol.fr
04/10/2024
Ce jeudi 3 octobre après-midi, un mouvement social initié par le Syndicat des Travailleurs Corses (STC) a bloqué complètement les quatre aéroports et les six ports de l'île. Cette situation est née d’un conflit lié à la gestion de ces mêmes infrastructures entre l’État et les élus locaux.
Jeudi 3 octobre 2024, ce sont les agents de la chambre de commerce de Corse qui ont décidé de lancer une grève spontanée, selon la préfecture de Haute-Corse et des sources sécuritaires.
Ce mouvement a été déclenché suite à l'indignation exprimée par le président autonomiste du Conseil exécutif de Corse, en réaction aux réserves émises par un représentant du préfet concernant un dispositif qui permettrait à la Chambre de commerce de maintenir la gestion des aéroports et ports de l'île. Il a soulevé de sérieux doutes quant à la gestion des ports et aéroports prévue à partir du 1er janvier 2025, ainsi que sur la création, annoncée jeudi matin, de deux syndicats mixtes ouverts (SMO) aéroportuaire et portuaire, qui instaureraient une quasi-régie. Ce dispositif permettrait à la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de continuer à gérer les ports et aéroports sans passer par une procédure d’appel d’offres pour attribuer des concessions.
Gilles Simeoni, le président du Conseil exécutif de Corse voit cela comme “une déclaration de guerre”. Il énonce fermement qu'”il n'y aura pas de groupes internationaux qui géreront les ports et les aéroports de Corse”.
Cette grève spontanée a bloqué des centaines de voyageurs qui transitaient et qui sont toujours bloqués en cet instant. Ces derniers ont été logés dans un gymnase le temps d’une nuit
Pour autant, la précieuse continuité territoriale continue d’être respectée. C’est-à-dire que les vols Air Corsica Bastia-Nice, Bastia-Marseille, et Bastia-Paris ont toutefois décollé ce vendredi matin. Il en va de même pour les deux vols au départ de Calvi.
En cas d'annulation de vol, même liée à une grève externe à la compagnie, les passagers ont toujours droit à un remboursement ou à un réacheminement, notamment si le retard dépasse 5 heures. Conformément à l’article 8 du Règlement européen n°261/2004, le passager peut choisir entre ces deux options.
La compagnie aérienne est donc tenue de rembourser les billets non utilisés ou de proposer une solution de réacheminement pour permettre aux passagers d’atteindre leur destination finale dans les meilleurs délais.
En cas d'annulation ou de retard de vol entraînant une attente prolongée à l'aéroport, les compagnies aériennes ont l'obligation de prendre en charge les passagers, quelle que soit la raison de la grève.
Selon l'article 9 du Règlement européen n°261/2004, la compagnie doit couvrir les frais de rafraîchissement et de repas, ainsi que les frais d'hébergement et de transport entre l'aéroport et l'hôtel si le vol est reporté au lendemain.
Nous vous recommandons de conserver vos factures de restaurant, d'hôtel, de taxi, etc., car elles peuvent être remboursées si la compagnie ne respecte pas son obligation de prise en charge.
Si une grève a perturbé votre vol et que la compagnie refuse de vous indemniser, de rembourser votre vol annulé ou vos frais supplémentaires, déposez votre dossier sur notre site. Nous vous aiderons à obtenir gain de cause.
Une grève est considérée comme une circonstance extraordinaire lorsqu'elle est extérieure à la compagnie aérienne, qui n’est responsable qu’en cas de grève de son propre personnel.
Ainsi, les grèves des contrôleurs aériens, du personnel de sécurité de l’aéroport, des douaniers, ou celles causées par des troubles politiques ne donnent pas droit à une indemnisation.
Il est donc crucial de différencier le personnel lié aux compagnies aériennes de celui lié à l’aéroport. Par exemple, les agents de piste et les bagagistes ne sont pas toujours employés par la compagnie. En cas de grève, il est nécessaire d’identifier la responsabilité de la compagnie pour déterminer si une indemnisation est possible.
Dans le cas présent, ce ne sont pas des syndicats des compagnies aériennes qui sont en grève, aucune indemnisation est à pourvoir.
Premier réflexe : vous rapprocher de la compagnie aérienne afin d’avoir toutes les informations nécessaires. Elles seront les plus à même de vous conseiller mais également de vous informer des possibles retards et annulations. Ne négligez pas leurs sites, leurs réseaux sociaux ou encore leurs applications mobiles pour tout savoir en temps et en heure.
Nous vous conseillons également de conserver tous vos documents de voyage qui peuvent vous servir en cas de réclamation postérieure. Alors on garde tout : attestation de retard et d’annulation, cartes d’embarquement ou encore les billets.
Soyez aussi prévoyant et envisagez des modes de transports alternatifs en cas d’annulation de vol. Vous pourrez toujours demander le remboursement de votre réservation et couvrir vos nouveaux frais de transport. Restez flexible dans vos plans de voyage pour gérer au mieux la situation.
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